Désencombrer son lieu de vie pour apaiser son système nerveux
Nous vivons dans une société de surconsommation où l’accumulation est devenue la norme. Nos maisons, nos placards débordent d’objets, nos stocks de nourriture sont pleins. Pourtant, nous avons souvent l’impression de manquer de quelque chose. C’est tout le paradoxe : nous avons tout et nous n’avons jamais eu aussi peur de manquer !
Tous ces objets que nous accumulons ne sont pas anodins. Ils représentent un fardeau silencieux et subtil chaque jour dans notre lieu de vie, censé être un lieu de ressourcement. Ils ont un impact profond sur notre bien-être à travers tous les messages qu’ils véhiculent et ils activent notre système nerveux en permanence, de manière subtile.
Un encombrement excessif, que nous ne voyons pas/plus car nous y sommes habitués. Il surstimule notre système nerveux et nous maintient dans un état de stress chronique.
Dans cet article, je vous propose d’explorer le lien entre encombrement et système nerveux, pour comprendre l’impact de nos objets sur nous.
Car aussi étonnant que cela puisse paraître, désencombrer son lieu de vie apaise et aide à réguler le système nerveux.
1. Trop d’objets, un système nerveux en état de stress constant
Notre système nerveux se pose une seule question à chaque minute de notre existence : suis-je en sécurité ?
Centre de contrôle du corps, il nous protège en fonction des différentes situations que nous vivons. Sa priorité est notre survie. Et ce travail de protection, il le fait très bien !
Chaque jour, il passe par différents états pour nous protéger (alternance états de calme et états de survie), dès lors qu’il perçoit des situations inconfortables pour nous :
- L’état d’activation ou de mobilisation : nous mobilisons de l’énergie afin de pouvoir fuir ou combattre la situation.
- L’état d’hypoactivation ou d’immobilisation : s’il n’a pas pu répondre à la situation par la fuite ou le combat, il nous stoppe net et nous fige, toujours en vue de nous protéger (il pense que nous allons mourir).
Cela parait excessif mais le système nerveux ne fait pas dans la nuance ! Il traite en permanence des milliers d’informations. Chaque objet, chaque pile de papier, chaque vêtement hors de sa place, chaque emballage « bavard » est une information à traiter pour lui, afin d’analyser s’il représente une menace ou pas.
Ceci génère de la fatigue cognitive, une diminution de la concentration, ainsi qu’une sensation diffuse de malaise quand on se trouve dans certaines pièces de notre lieu de vie.
Chaque objet non rangé représente une tâche inachevée pour le cerveau. Ces tâches ouvertes sont perçues comme des « boucles mentales « que le cerveau tente inconsciemment de clore, élevant le sentiment d’urgence. Il se traduit généralement par des « il faut » et des « je dois ». Vous avez beau essayer, vous n’arrivez pas à vous poser. Votre système nerveux reste dans un état d’alerte, léger, mais constant. Il vous envoie des messages pour que vous gériez la situation.
Face à l’encombrement, votre lieu de vie devient une source de stimulation constante pour votre système nerveux. En conséquence, il répond par des états de survie. Il devient alors impossible d’accéder au mode parasympathique, qui permet de se détendre et de récupérer.
Voici quelques statistiques :
- 80 % des objets que nous possédons ne sont jamais utilisés (National Association of Professional Organizers).
- En moyenne, chaque foyer européen possède plus de 10 000 objets (Dominik Groll, chercheur en sociologie).
- 50 % des personnes disent se sentir dépassées par le désordre chez elles, et 87 % des femmes déclarent que leur foyer est un facteur de stress (Étude UCLA, University of California, Los Angeles).
- Une étude menée par l’UCLA (University of California, Los Angeles) a montré que les femmes vivant dans des maisons encombrées avaient un taux plus élevé de cortisol (hormone du stress), signe d’une activation constante du système nerveux. Plus leur environnement était rempli d’objets inutilisés et de désordre, plus elles ressentaient une charge mentale importante
2. Un impact sur le mental
Chaque objet acheté dans un moment d’impulsion et non utilisé génère de la culpabilité inconsciente. Nous revivons cette culpabilité chaque fois que nous voyons cet objet.
De même, voir des montagnes d’objets s’accumuler nous met face à notre impuissance ou notre incapacité à gérer. A terme, cela impacte l’estime de nous-mêmes et nous fait perdre le contrôle.
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3. La surconsommation : un piège pour notre bien-être et pour notre planète
Certes, nous vivons dans un monde moderne, mais notre système nerveux est resté en mode « à l’ancienne ».
Pour nos ancêtres, une des conditions de survie était de s’entourer au maximum d’objets : plus il y avait d’outils, de vêtements, de stocks de nourriture… plus ils avaient de chances de survivre.
Désormais, nous avons tout à portée de main : magasins de nourriture à quelques kilomètres, magasins de vêtements, d’objets…tout est accessible facilement. Mais notre système nerveux ne le sait pas. Il continue à croire que si nous ne possédons pas tous ces objets et stocks de nourriture chez nous, nous sommes menacés. Il nous incite donc à nous entourer toujours plus d’objets ET nous empêche également de nous en séparer !
Le marketing et la publicité ont bien compris cette faille. Nous sommes continuellement exposés à des messages nous incitant à consommer plus. Nous sommes bombardés de publicités qui plombent nos boîtes mails. Il nous expliquent combien ce nouvel objet va tout faire pour nous et nous faire gagner du temps. Combien cette paire de chaussures va changer notre vie. Mais en réalité, nous perdons surtout du temps à ranger en permanence ces objets qui nous envahissent et perdent très vite de leur attrait.
Alors, nous continuons à accumuler sans même nous en rendre compte, ce qui alourdit à la fois notre charge mentale et notre impact écologique.
Quelques chiffres frappants sur la surconsommation
- Un Européen achète en moyenne 60 % de vêtements en plus qu’il y a 15 ans, mais les garde deux fois moins longtemps. (Greenpeace).
- Les déchets électroniques sont en hausse de 21 % en seulement cinq ans, mais seulement 17 % sont recyclés correctement (Global E-Waste Monitor).
- Un enfant de 10 ans possède en moyenne 238 jouets mais joue avec seulement 12 jouets par jour en moyenne (The Telegraph).
Je vous partage également cette courte vidéo très intéressante sur l’histoire de la surconsommation.
L’excès de possessions génère non seulement un état de stress, mais aussi une perte de temps et d’énergie mentale. Chaque objet demande une place, un entretien, parfois une réparation. Ces possessions nous détournent de l’essentiel qui est souvent le même pour nombreux(ses) d’entre nous : passer du temps avec nos proches.
4. Désencombrer pour réguler son système nerveux
Nous le ressentons souvent comme une corvée à accomplir. Pourtant, désencombrer et trier est un levier puissant à ne pas négliger pour réguler le système nerveux. Nous avons tous ressenti cette sensation d’allègement et d’apaisement, de libération lorsque nous nous séparons d’objets inutiles.
Voici quelques pistes pour un désencombrement en douceur, respectueux de votre rythme :
- Toujours commencer par réguler le système nerveux avant de trier. Si vous êtes en état de stress au moment de réaliser ce travail, votre cortex préfontal, zone de la prise de décisions, est affecté. Difficile donc de prendre des décisions éclairées sur ce qui est vraiment essentiel pour vous !
- Observer et ressentir l’impact des objets sur votre bien-être : est-ce que cet objet vous apporte de la joie ? Est-ce que son histoire vous fait sourire ? Est-ce qu’il vous pèse ? Si un objet vous rappelle une période difficile de votre vie, peut-être est-il temps de s’en séparer ?
- Débuter par ce qui est le plus facile pour vous avant d’aborder des objets plus « sensibles » émotionnels. Un tiroir de cuisine, une étagère de salle de bain… voir et ressentir un allègement renforce la motivation.
- Utiliser des méthodes ludiques : désencombrer en famille sous forme de jeu de piste, se mettre des petits challenges. Rendre l’expérience agréable évite de procrastiner.
- Réorganiser pour plus de fluidité : c’est seulement une fois que l’on a trié que l’on peut alors réorganiser. L’erreur est d’acheter encore plus de boîtes avant d’avoir trié car bien souvent, nous n’en avons plus besoin après ! Simplifier son quotidien, avoir un accès facile aux objets permet un environnement structuré qui favorise la sensation de sécurité et d’apaisement pour le système nerveux.
Conclusion : Moins, c’est mieux pour votre système nerveux (ainsi que pour votre portefeuille et la planète ! )
Le paradoxe est que notre système nerveux aime s’entourer d’objets pour se rassurer, mais l’excès conduit à le déréguler.
Le souci n’est pas la consommation (nous avons besoin de consommer) mais la surconsommation. Nous confondons souvent besoin et envie et nous ne savons plus reconnaître ce qui est vraiment essentiel pour nous.
Nous ne sommes physiologiquement pas faits pour gérer un trop-plein constant. Trop d’objets, trop d’informations, trop d’obligations… tout cela nous épuise.
En simplifiant notre espace, nous offrons à notre système nerveux une respiration et un retour à l’essentiel.

Bonjour Nathalie,
Après la lecture de cet article, bien que chez moi le tri et le désencombrement ait commencé il y a bientôt 10 ans, il est toujours intéressant de recevoir une piqure de rappel ! Car oui le SI demande d’une part, plus, et c’est en raisonnant avec lui que je peux faire la part des choses ! « «Mais oui j’ai assez ! Ok je peux encore donner et réorganiser. «
Mais ces jours je m’attaque sans procrastiner à tout ce qui est infos, réseaux sociaux, mails et publicités qui viennent inonder et mettre à mal mon mental si je laisse tout cela prendre trop de place. Aujourd’hui trier et vider la corbeille est devenu un réflexe.
Merci pour cette interessante lecture 😍
Merci de ton retour Rachel, prendre son temps oui est important et accepter de lâcher le tout, tout de suite 🙂
La pollution numérique fait également son poids et n’est pas toujours perçue en effet ! Et pourtant, quel allègement quand on s’y penche ! 🙂